mercredi 4 septembre 2013

Les lisières, Olivier Adam


" J'écrivais pour me tenir en vie, pour ne pas chuter. J'écrivais parce que c'était la seule manière que j'avais trouvée d'habiter le monde."


Paul Sténier, écrivain et scénariste, séparé de sa femme depuis six mois est au bord du gouffre. Il est rattrapé, une ultime fois, par sa Maladie. A 40 ans, ses démons refont surface et sa femme fatiguée, se lasse. Séparé de ses enfants et toujours amoureux de sa femme,
il vit dans un appartement face à l'océan non loin de son ancienne maison. Pour couronner le tout, pressé par son frère, il doit partir s'occuper de ses parents. Un retour dans sa banlieue parisienne qu'il a  fuit et qui se rappelle douloureusement à lui. 

Alors clairement, si vous n'avez pas le moral, inutile d'ouvrir ce livre. Gardez-le pour les périodes plus fastes. J'ai eu un peu de mal à m'approprier le récit. Dans un premier temps, je n'arrivais pas à éprouver d'empathie pour le personnage principal que je trouvais nombriliste et geignard. Et puis, petit à petit, le lien s'est crée et j'ai pu savourer ce livre à sa juste valeur. C'est un concentré d'émotions exprimées ou tues. Un livre profond, poignant et magnifique qui à travers les expériences éprouvantes du héros, nous met face à nos propres doutes et intimes souffrances.  

"J'ai regardé autour de moi et j'aurais voulu que ça me quitte enfin, cette manie de voir partout des gens usés, quand ils ne l'étaient peut-être pas. Pas autant que je le pensais en tout cas. J'aurais voulu être capable de voir les choses autrement, de ne pas imaginer de failles même derrière les plus belles carapaces. Certains critiques, certains lecteurs me le reprochaient mais c'était plus fort que moi. Et dès qu'un de ces types que je croisais m'adressait la parole, c'était pour me convaincre qu'au fond j'avais raison: tout le monde trimbalait son lot de casseroles et s'échinait à tenir debout sans rien laisser paraître, tout le monde cherchait la sortie, le soleil, la lumière, tout le monde marchait dans la même direction, en boitant plus ou moins mais en boitant." 

Encore une fois merci à Sandra pour cette belle découverte.

Et tant que je suis dans les remerciements, j'aimerais vous dire combien j'aime lire vos commentaires. Blogger ne me permet pas d'y répondre malheureusement (mais qui sait un jour...) mais sachez   qu'ils me touchent et que c'est un vrai bonheur à chaque fois.

Bonne journée et à vendredi pour une page de scrap.

Cricri

"Nous avons trop coutume de nous juger pendant nos moments d'abattement et de dépression." Robert Johnson

3 commentaires:

Sandra Tessari a dit…

J'aime l'extrait que tu as choisi, il résume bien l'ambiance et les pensées dans lesquelles je me suis mille fois retrouvée.
On (enfin "je") aimerait tellement vivre plus légèrement....
Mais les aléas de la vie hélas ne me le permettent pas, et voir que c'est idem chez tout le monde me réconforte un peu...
C'est triste mais joliment.

♥ PrEScilLIA ♥ a dit…

Je suis totalement convaincue que tout le monde avance en trimballant ses casseroles !
Encore un livre que tu nous vends merveillesement ! !
Et comme dit ce proverbe berbère : « Les dents ont beau rire, le coeur sait la blessure qu’il porte. »
bisous ma belle ! ♥

Garance a dit…

Je sens que ça va être bien de le lire...mais pas tout de suite.
Merci du conseil et bisous

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